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Tor Browser en 2026 : ce qu’il protège, ce qu’il ne protège pas

Tor Browser cache aux sites votre emplacement et à votre fournisseur d'accès les sites visités. Ses limites, ses réglages et la procédure officielle pour l'installer et vérifier sa signature.

Par , fondateur de GadGeek Publié le · mis à jour le
Oignon rouge coupé en deux montrant ses couches, image du routage en oignon de Tor
Photo : Evgeniy Alekseyev sur Pexels

Réponse immédiate. Tor Browser est un navigateur libre, dérivé de Firefox, qui fait passer votre navigation par trois relais du réseau Tor. Il cache aux sites votre emplacement et cache à votre fournisseur d’accès les sites que vous visitez. Il ne protège ni les autres applications, ni ce que vous saisissez, ni contre un observateur qui surveille les deux bouts du réseau.

En bref

  • Version stable au 27/09/2026 : Tor Browser 15.0.23, publiée le 15 septembre 2026, basée sur Firefox 140.16.0esr.
  • Disponible pour Windows 10 et 11, macOS 10.15 et suivants, Linux et Android 5.0 et suivants. Il n’existe pas de Tor Browser pour iPhone.
  • Trois niveaux de sécurité ; le plus élevé désactive JavaScript partout.
  • Le Tor Project déconseille d’ajouter un VPN, sauf pour des utilisateurs avancés.
  • Téléchargez-le uniquement sur torproject.org et vérifiez sa signature : la procédure est plus bas.

Qu’est-ce que Tor Browser ?

Tor Browser est un navigateur préréglé pour utiliser le réseau Tor. Le Tor Project le publie pour ordinateur et Android. La version stable 15.0.23, annoncée le 15 septembre 2026, repose sur Firefox 140.16.0esr, la branche à support étendu de Firefox. Une version alpha de la série 16.0 est en test ; le Tor Project indique que la prise en charge de Linux 32 bits s’arrêtera avec Tor Browser 16.0.

Le projet est porté par The Tor Project, Inc., une association américaine à but non lucratif créée en 2006. Son code est libre, ce qui permet à quiconque de l’examiner. Le réseau, lui, est tenu par des bénévoles : 9 428 relais et 2 334 ponts le 24 septembre 2026, selon Tor Metrics.

Comment fonctionne Tor ?

Votre logiciel construit un « circuit » à travers au moins trois relais. Chaque relais ne sait que deux choses : de qui il reçoit les données et à qui il les transmet. Le logiciel négocie une clé de chiffrement distincte pour chaque étape, ce qui empêche un relais de relier l’origine à la destination. Un même circuit sert pendant une dizaine de minutes, puis un nouveau est construit.

Maillon Ce qu’il voit Ce qu’il ne voit pas
Votre fournisseur d’accès ou le Wi-Fi utilisé Que vous utilisez Tor Les sites que vous visitez
Relais d’entrée Votre adresse IP Votre destination
Relais du milieu Le relais précédent et le suivant Ni vous, ni votre destination
Relais de sortie Le site contacté ; le contenu si le site n’est pas en HTTPS Votre adresse IP
Le site visité L’adresse du relais de sortie Votre adresse et votre emplacement

Sources : Tor Project, « How Tor is different from other proxies » et « HTTPS encryption and Tor ».

Ce que Tor Browser protège

Le Tor Project résume trois protections. Les sites ne connaissent pas votre emplacement. Les observateurs locaux, comme votre fournisseur d’accès ou le gestionnaire d’un Wi-Fi public, ne voient pas ce que vous consultez. Et la confiance est répartie : aucun relais isolé ne connaît à la fois votre identité et votre activité. La CNIL fait la même lecture dans sa fiche sur les méthodes de traçage en ligne.

C’est la différence avec un VPN, dont le fournisseur voit à la fois votre adresse et les sites visités, note le Tor Project. Nous détaillons ce point de confiance dans notre guide des VPN européens.

Ce que Tor Browser ne protège pas

  • La corrélation de bout en bout. Quelqu’un qui observe l’entrée et la sortie du réseau peut rapprocher les horaires du trafic. Le protocole ne s’en défend pas.
  • Les autres logiciels. « Tor ne protège que les applications correctement configurées », écrit la FAQ. Votre messagerie ou vos logiciels de partage de fichiers pair à pair continuent de passer en direct, et ces derniers peuvent révéler votre adresse IP réelle.
  • Ce que vous dites de vous. Un nom, un courriel ou une connexion à votre compte personnel vous identifient auprès du site.
  • Les documents téléchargés. Un PDF ou un document de bureautique ouvert dans un autre logiciel peut charger des ressources hors de Tor. La FAQ insiste : ne pas ignorer cet avertissement.
  • Le contenu non chiffré. Sans HTTPS, le relais de sortie peut lire ce que vous envoyez. Le Tor Project recommande d’activer le mode « HTTPS uniquement ».

Les réglages à connaître

Les niveaux de sécurité

Tor Browser propose trois niveaux, accessibles depuis les paramètres :

  • Standard : tout est activé.
  • Plus sûr (Safer) : JavaScript est coupé sur les sites non HTTPS, certaines polices et symboles mathématiques sont désactivés, l’audio et la vidéo se lancent au clic.
  • Le plus sûr (Safest) : JavaScript est coupé partout, certaines images et icônes aussi. Seuls les sites statiques fonctionnent normalement.

JavaScript est le langage qui rend les pages interactives ; c’est aussi une surface d’attaque fréquente.

Nouvelle identité et nouveau circuit

« Nouvelle identité » ferme tous les onglets, efface cookies et historique, et utilise de nouveaux circuits. « Nouveau circuit Tor pour ce site » recharge seulement l’onglet courant par un autre chemin, utile quand un relais de sortie bloque un site.

Les ponts, si Tor est bloqué

Dans certains pays ou réseaux, Tor est bloqué. Les ponts sont des relais non publiés, associés à des « transports enfichables » qui déguisent le trafic : obfs4, Snowflake, meek et WebTunnel. L’assistant de connexion (Connection Assist) aide à les configurer.

Installer et vérifier Tor Browser sous Linux

Version décrite : procédure du Tor Project consultée le 27/09/2026, valable pour Tor Browser 15.0.x. Les noms de fichiers ci-dessous sont les exemples de la documentation officielle : remplacez-les par ceux que vous avez téléchargés.

Prérequis : un système Linux 64 bits récent, GnuPG installé (outil libre de vérification de signatures), un terminal.

  1. Sur la page de téléchargement officielle, téléchargez le fichier .tar.xz pour Linux et le fichier de signature .asc du même nom.
  2. Importez la clé de signature des développeurs de Tor Browser (empreinte EF6E286DDA85EA2A4BA7DE684E2C6E8793298290) :
    Terminal
    gpg --auto-key-locate nodefault,wkd --locate-keys torbrowser@torproject.org
  3. Enregistrez cette clé dans un fichier :
    Terminal
    gpg --output ./tor.keyring --export 0xEF6E286DDA85EA2A4BA7DE684E2C6E8793298290
  4. Vérifiez l’archive (exemple de la documentation, à adapter à votre version) :
    Terminal
    gpgv --keyring ./tor.keyring ~/Downloads/tor-browser-linux-x86_64-13.0.1.tar.xz.asc ~/Downloads/tor-browser-linux-x86_64-13.0.1.tar.xz

    Le résultat doit contenir gpgv: Good signature from "Tor Browser Developers (signing key) <torbrowser@torproject.org>".

  5. Décompressez l’archive, avec votre gestionnaire d’archives ou avec la commande tar -xf [TB archive].
  6. Dans le dossier de Tor Browser, lancez :
    Terminal
    ./start-tor-browser.desktop
  7. Facultatif : pour l’ajouter au menu des applications :
    Terminal
    ./start-tor-browser.desktop --register-app

Vérification finale : une fois connecté, ouvrez check.torproject.org, la page du Tor Project qui indique si votre navigation passe bien par Tor.

Si ça ne marche pas :

  • Si la vérification renvoie « No such file or directory », les noms de fichiers ne correspondent pas à ceux que vous avez téléchargés.
  • Si l’import de la clé échoue, la documentation propose une méthode de secours par clé publique sur sa page de vérification.
  • Si le lancement échoue, rendez le fichier exécutable depuis le dossier : chmod +x start-tor-browser.desktop.
  • Si la connexion au réseau échoue, utilisez l’assistant de connexion et un pont.

Sous Windows et macOS, la même page décrit la vérification avec Gpg4win ou GPGTools. Sur Android, l’application s’installe depuis Google Play, F-Droid (dépôt du Guardian Project) ou le site du Tor Project.

Et sur iPhone ?

Il n’existe pas de Tor Browser pour iOS. Le Tor Project recommande Onion Browser, une application libre développée par une personne proche du projet. Mais Apple impose le moteur WebKit à tous les navigateurs de l’iPhone, ce qui empêche Onion Browser d’offrir les mêmes protections. C’est un exemple concret de dépendance à la plateforme : le système décide de ce que le navigateur peut faire.

Sur Android, le Tor Project teste depuis le 9 septembre 2026 Tor VPN, en version bêta. L’application fait passer le trafic des autres applications par Tor, chacune sur un circuit séparé.

Questions fréquentes

Tor Browser est-il un VPN ?

Non. Un VPN fait passer votre trafic par un seul serveur, dont le fournisseur voit tout. Tor le fait passer par plusieurs relais tenus par des opérateurs différents, précise le Tor Project.

Faut-il utiliser un VPN avec Tor ?

Le Tor Project ne le recommande pas, sauf pour des utilisateurs avancés. Mal configurée, la combinaison peut réduire l’anonymat ou casser les protections de Tor.

Tor Browser est-il légal ?

Nous n’avons trouvé aucun texte français qui en interdise l’usage, et la CNIL le cite parmi les outils pour limiter le traçage. Ce qui peut être poursuivi, ce sont les actes commis avec lui. Pour comprendre le contexte, voir notre explication du darknet.

Pourquoi certains sites bloquent-ils Tor ?

La liste des relais est publique par construction, car votre logiciel en a besoin pour choisir son chemin ; un site peut donc toujours savoir qu’une connexion vient de Tor. Certains bloquent parce qu’ils confondent ce trafic avec des robots. Les banques peuvent aussi suspendre un compte qui se connecte soudain depuis un autre pays.

Tor Browser suffit-il à protéger ma vie privée ?

Il protège la navigation, pas l’ensemble de l’ordinateur. Un système à jour et des sauvegardes restent la base : voir notre guide pour sécuriser son ordinateur et la rubrique Vie privée.

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Sources

  1. « New Release: Tor Browser 15.0.23 », Tor Project, blog.torproject.org, 15 septembre 2026.
  2. « How to install Tor Browser », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  3. « How to verify Tor Browser’s signature », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  4. « Overview » (fonctionnement), Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  5. « What protections does Tor provide? », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  6. « How is Tor different from other proxies? », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  7. « HTTPS encryption and Tor », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  8. « What attacks remain against onion routing? », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  9. « Staying anonymous », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  10. « Security settings », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  11. « Managing identities », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  12. « Website blocking access over Tor », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  13. « Why Tor’s relay list is public and cannot be hidden », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  14. « Censorship circumvention », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  15. « Tor Browser with VPN », Tor Project, support.torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  16. « Tor VPN Beta », Tor Project, blog.torproject.org, 9 septembre 2026.
  17. « History », Tor Project, torproject.org, consulté le 27/09/2026.
  18. Taille du réseau, Tor Metrics, metrics.torproject.org, données du 24/09/2026.
  19. « Nouvelles méthodes de traçage en ligne : quelles solutions pour se protéger ? », CNIL, cnil.fr, mis à jour le 10 février 2025.

Dernière vérification : 27/09/2026

Damien Hernandez
Fondateur et rédacteur de GadGeek

Il écrit GadGeek, avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle pour la recherche documentaire et la mise en forme. Aucun texte n'est publié sans sa relecture : sources recoupées, chiffres vérifiés, erreurs corrigées en clair.

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