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Arduino : cartes, outils, licences et limites, tout ce qu’il faut savoir

Ce qu'est Arduino, ce que ses licences autorisent vraiment, les cartes actuelles, les outils pour programmer sans cloud et les limites à connaître avant de se lancer.

Par , fondateur de GadGeek Publié le · mis à jour le
Carte Arduino reliée par des fils à une plaque d'essai où s'allume une LED rouge
Photo : Chengxin Zhao sur Pexels

Réponse immédiate : Arduino est une famille de cartes électroniques programmables et un ensemble d’outils open source pour les programmer. On écrit un petit programme sur son ordinateur, on le transfère sur la carte, et elle lit des capteurs ou commande des moteurs, des relais, des lumières, sans système d’exploitation. Plans et logiciels sont sous licences libres : un outil d’autonomie technologique, avec des limites à connaître.

En bref

  • Une carte Arduino repose sur un microcontrôleur : une puce qui exécute un seul programme, en boucle, dès la mise sous tension.
  • Les conceptions matérielles peuvent être copiées et modifiées, mais le nom et le logo Arduino sont des marques protégées.
  • L’IDE (version 2.3.10 au 27/09/2026) et l’outil en ligne de commande Arduino CLI sont open source et fonctionnent sur votre ordinateur, sans passer par le cloud.
  • Arduino appartient désormais à Qualcomm, qui s’est engagé à garder ouverts schémas, bibliothèques et outils.
  • La gamme va de l’UNO R3, historique, à l’UNO Q, qui ajoute un vrai ordinateur sous Linux.

Qu’est-ce qu’Arduino ?

Arduino désigne à la fois une entreprise, des cartes électroniques et un environnement de programmation. Le site officiel d’Arduino cite quatre cofondateurs : Massimo Banzi, David Cuartielles, Tom Igoe et David Mellis. Le cœur de chaque carte est un microcontrôleur, c’est-à-dire un petit processeur avec sa mémoire et ses broches d’entrée et de sortie, le tout sur une seule puce.

Le programme s’appelle un croquis (sketch en anglais). Il contient au minimum deux fonctions, décrites dans la référence officielle du langage Arduino : setup(), exécutée une seule fois après chaque mise sous tension ou réinitialisation, et loop(), qui tourne ensuite en boucle et fait réagir la carte. Le langage est proche du C++.

Ce fonctionnement simple a un avantage : la carte ne dépend de rien. Une fois programmée, elle mesure, déclenche ou enregistre sans compte en ligne ni serveur distant. C’est pour cela qu’Arduino a sa place dans notre rubrique Arduino et, plus largement, dans la réflexion sur la souveraineté numérique : on sait ce que fait l’objet, parce qu’on l’a programmé.

Matériel ouvert : ce que disent vraiment les licences

« Open source » ne veut pas dire « libre de tout droit ». La page officielle sur les marques d’Arduino précise que chacun peut copier et développer une conception matérielle ouverte d’Arduino dans son propre produit, à condition d’utiliser son propre nom et son propre logo. Un fabricant tiers peut écrire « compatible avec Arduino », mais pas appeler son produit Arduino.

Côté logiciel, les dépôts publics d’Arduino affichent leurs licences :

Pour les cartes que nous avons consultées (UNO R3, UNO R4, UNO Q), la documentation officielle propose au téléchargement le schéma électronique et les fichiers de conception (CAO). C’est ce qui permet à d’autres fabricants de produire des cartes compatibles, et à vous de comprendre ou réparer la vôtre.

Le rachat par Qualcomm

Le 7 octobre 2025, Arduino a annoncé rejoindre Qualcomm Technologies. Dans sa foire aux questions sur Qualcomm, Arduino confirme l’acquisition et écrit que les schémas matériels, les kits de développement, les bibliothèques et les IDE « continueront d’être ouverts ». Elle promet aussi de continuer à supporter des puces de plusieurs fabricants.

En novembre 2025, une mise à jour des conditions d’utilisation a inquiété la communauté, notamment une clause interdisant la rétro-ingénierie. Arduino a répondu que cette clause vise uniquement ses applications cloud, et que « tout ce qui était ouvert reste ouvert ». Pour un usage autonome, la conclusion pratique est simple : l’IDE, la CLI et les bibliothèques sont sous licence libre, donc utilisables et copiables quoi qu’il arrive à l’entreprise. Arduino Cloud, lui, relève des conditions d’un service en ligne.

Les cartes actuelles

La documentation matérielle officielle classe les cartes en familles : UNO, Nano, MKR, Portenta, Nicla, Opta, Mega, et une nouvelle famille VENTUNO. Voici les modèles les plus utiles pour débuter ou pour la maison, d’après leurs fiches officielles.

Carte Puce principale Caractéristiques clés Pour quoi faire
UNO R3 ATmega328P, 16 MHz 14 broches numériques, 6 entrées analogiques, 1 ko d’EEPROM (mémoire conservée hors tension), puce remplaçable Apprendre, petits montages
UNO R4 Minima Renesas RA4M1 (Arm Cortex-M4), 48 MHz 32 ko de SRAM, 256 ko de flash, 8 ko d’EEPROM, horloge temps réel, USB-C, fonctionne en 5 V Remplaçant de l’UNO R3
UNO R4 WiFi Renesas RA4M1 + module ESP32-S3 Même base que la Minima, Wi-Fi et Bluetooth, matrice de LED 12 x 8, connecteur Qwiic Premiers objets en réseau
Nano ESP32 Module u-blox NORA-W106 (ESP32-S3) 16 Mo de flash, Wi-Fi, Bluetooth, compatible MicroPython, USB-C Capteurs en Wi-Fi, format compact
Nano Matter Silicon Labs MGM240SD22VNA (Arm Cortex-M33) Matter, Thread, Bluetooth Low Energy, Zigbee Domotique Matter
UNO Q Qualcomm Dragonwing QRB2210 + STM32U585 Linux Debian sur 4 cœurs Cortex-A53 à 2,0 GHz, microcontrôleur temps réel à 160 MHz, 2 ou 4 Go de RAM, 16 ou 32 Go de stockage eMMC, Wi-Fi 5, Bluetooth 5.1 Projets qui mêlent Linux et temps réel
VENTUNO Q Qualcomm Dragonwing IQ8 (QCS8275) + STM32H5F5 Ubuntu Linux, accélérateur d’IA annoncé à 40 TOPS, microcontrôleur Cortex-M33 à 250 MHz IA embarquée, serveur domotique

Les puces ESP8266 et ESP32 du fabricant Espressif, très répandues en domotique, ne sont pas des cartes Arduino, mais Espressif publie un cœur Arduino pour l’ESP32 qui permet de les programmer avec les mêmes outils.

Les outils pour programmer

Arduino IDE 2

L’IDE (environnement de développement intégré) est le logiciel dans lequel on écrit, vérifie et transfère le croquis. La version proposée au 27/09/2026 sur la page officielle des logiciels Arduino est la 2.3.10. Selon le guide d’installation de l’IDE 2, elle demande Windows 10 ou plus récent, macOS 10.15 « Catalina » ou plus récent, ou un Linux 64 bits (fichier AppImage). L’IDE 2 est construit sur Eclipse Theia, un cadre open source. Une synchronisation avec Arduino Cloud existe, mais c’est une fonction à activer : vos croquis restent sinon sur votre disque.

Arduino CLI

Arduino CLI (version 1.5.1) fait la même chose en ligne de commande. C’est l’outil idéal pour un serveur domestique ou pour automatiser la compilation. La documentation de prise en main d’Arduino CLI donne ces commandes de démarrage :

Terminal
$ arduino-cli sketch new MyFirstSketch
$ arduino-cli core update-index
$ arduino-cli board list
$ arduino-cli core install arduino:samd
$ arduino-cli compile --fqbn arduino:samd:mkr1000 MyFirstSketch
$ arduino-cli upload -p /dev/ttyACM0 --fqbn arduino:samd:mkr1000 MyFirstSketch

L’exemple vise une carte MKR1000 : remplacez l’identifiant de carte (FQBN) et le port par ceux qu’affiche arduino-cli board list pour la vôtre.

Les autres éditeurs

Arduino propose aussi un éditeur dans le navigateur, le Cloud Editor, rattaché à Arduino Cloud, et Arduino App Lab (version 0.10.0) pour les cartes UNO Q et VENTUNO Q. Beaucoup de projets communautaires utilisent enfin PlatformIO, un outil tiers.

Tutoriel : votre premier programme

Ce tutoriel suit la documentation officielle de téléversement de l’IDE 2 et l’exemple Blink, qui fait clignoter la LED intégrée à la carte.

Prérequis : une carte Arduino (par exemple une UNO), son câble USB, un ordinateur compatible avec l’IDE 2.3.10.

  1. Téléchargez l’IDE sur la page officielle des logiciels Arduino et installez-le. Sous Linux, rendez le fichier AppImage exécutable (clic droit, Propriétés, onglet Permissions).
  2. Branchez la carte en USB, puis ouvrez l’IDE.
  3. Dans le menu déroulant à côté des boutons de la barre d’outils, choisissez votre carte. Son nom s’affiche en gras quand la connexion est établie.
  4. Ouvrez l’exemple par le menu Fichier, Exemples, 01.Basics, Blink.
  5. Cliquez sur la coche (Vérifier) : l’IDE compile le croquis et affiche les erreurs éventuelles dans la console.
  6. Cliquez sur la flèche (Téléverser) : l’IDE compile puis envoie le programme à la carte.

Vérification : la LED intégrée s’allume une seconde, s’éteint une seconde, en boucle. Sur une UNO, elle est reliée à la broche 13.

Si ça ne marche pas : sous Linux, une erreur « Permission denied » au téléversement vient souvent des droits sur le port série. La documentation officielle indique de vérifier le groupe propriétaire du port :

Terminal
ls -l /dev/ttyACM*

puis d’ajouter votre utilisateur à ce groupe (souvent dialout) et de vous déconnecter puis reconnecter :

Terminal
sudo usermod -a -G dialout <username>

Si l’AppImage refuse de démarrer, la même documentation indique qu’il faut installer FUSE. Pour les autres cas, Arduino renvoie vers son centre d’aide.

Arduino ou Raspberry Pi ?

Les deux ne font pas le même métier. Un microcontrôleur Arduino exécute un seul programme, démarre instantanément et réagit en temps réel à ses capteurs. Un ordinateur monocarte comme le Raspberry Pi fait tourner un système Linux complet : il peut héberger un serveur, une base de données ou un logiciel domotique. La fiche officielle de l’UNO Q illustre bien la différence, puisqu’elle réunit les deux sur une même carte : un processeur sous Debian Linux pour les applications, et un microcontrôleur dédié pour le « contrôle temps réel ».

En pratique, les deux se complètent : l’Arduino mesure et agit, l’ordinateur stocke et affiche. C’est l’architecture de la plupart des projets Arduino de domotique locale, où un Raspberry Pi fait souvent office de serveur.

Les limites d’Arduino

  • Peu de mémoire et de puissance. Une UNO R4 dispose de 32 ko de SRAM : assez pour lire des capteurs et piloter des sorties, pas pour traiter des images ou héberger un site.
  • Pas de système d’exploitation sur les cartes à microcontrôleur, donc pas de mises à jour de sécurité automatiques : si la carte est en réseau, c’est à vous de maintenir le programme.
  • Le réseau n’est pas toujours sûr par défaut. La documentation officielle d’ESP-NOW, par exemple, prévient qu’il est moins sûr qu’un protocole chiffré comme HTTPS ou MQTT avec chiffrement.
  • Le cloud est une option, pas une obligation. Plusieurs tutoriels officiels utilisent Arduino Cloud ou un service public de test : vérifiez à chaque fois où partent vos données.
  • Le secteur électrique est dangereux. Une carte Arduino fonctionne en basse tension (5 V pour l’UNO R4) ; commander du 230 V impose des modules adaptés et de la compétence.
  • L’actionnaire a changé. Les licences libres protègent le code publié, pas les orientations futures des services en ligne d’Arduino.

Questions fréquentes

Faut-il savoir programmer pour utiliser Arduino ?

Non, pas au départ. Les exemples fournis avec l’IDE, comme Blink, fonctionnent sans modification et permettent d’apprendre en lisant du code commenté. La structure en deux fonctions, setup() et loop(), se comprend vite.

Une carte « compatible Arduino » vaut-elle une carte officielle ?

Les conceptions ouvertes autorisent d’autres fabricants à produire des cartes compatibles, sous leur propre marque. La qualité dépend alors du fabricant, et ces cartes ne peuvent pas porter le nom Arduino.

Arduino fonctionne-t-il sans Internet ?

Oui. L’IDE et la CLI s’installent sur votre ordinateur, et une carte programmée fonctionne seule. Internet sert surtout à télécharger l’IDE, les cœurs de cartes et les bibliothèques, ou si vous choisissez Arduino Cloud.

Le rachat par Qualcomm change-t-il quelque chose ?

Pour le code déjà publié, non : il reste sous licence libre et peut être copié. Arduino affirme que schémas, bibliothèques et IDE resteront ouverts. Les nouvelles cartes UNO Q et VENTUNO Q utilisent en revanche des processeurs Qualcomm.

Par quelle carte commencer ?

Pour apprendre, une carte de la famille UNO, comme l’UNO R4 Minima, successeure de l’UNO R3. Pour un capteur connecté en Wi-Fi, une UNO R4 WiFi ou une Nano ESP32. Pour la domotique Matter, la Nano Matter.

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Sources

  1. About Arduino, Arduino, https://www.arduino.cc/en/about
  2. Trademark and licensing, Arduino, https://www.arduino.cc/en/trademark
  3. setup() et loop(), référence du langage, Arduino (dépôt reference-en), https://github.com/arduino/reference-en
  4. A new chapter for Arduino, with Qualcomm, UNO Q, and you!, Arduino Blog, https://blog.arduino.cc/2025/10/07/a-new-chapter-for-arduino-with-qualcomm-uno-q-and-you/, 07/10/2025
  5. Qualcomm FAQ, Arduino, https://www.arduino.cc/qualcomm-faq/
  6. The Arduino Terms of Service and Privacy Policy update: setting the record straight, Arduino Blog, https://blog.arduino.cc/2025/11/21/the-arduino-terms-of-service-and-privacy-policy-update-setting-the-record-straight/, 21/11/2025
  7. Hardware, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/
  8. UNO R3, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/uno-rev3/
  9. UNO R4 Minima, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/uno-r4-minima/
  10. UNO R4 WiFi, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/uno-r4-wifi/
  11. Nano ESP32, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/nano-esp32/
  12. Nano Matter, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/nano-matter/
  13. UNO Q et manuel utilisateur, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/uno-q/
  14. VENTUNO Q, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/hardware/ventuno-q/
  15. Software (IDE 2.3.10, Cloud Editor, App Lab, CLI), Arduino, https://www.arduino.cc/en/software/
  16. Downloading and installing the Arduino IDE 2, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/software/ide-v2/tutorials/getting-started/ide-v2-downloading-and-installing/
  17. How to upload a sketch with the Arduino IDE 2, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/software/ide-v2/tutorials/getting-started/ide-v2-uploading-a-sketch/
  18. Security of Arduino IDE, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/software/ide-v2/tutorials/ide-v2-security/
  19. Synchronizing Sketches between IDE 2 and Arduino Cloud, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/software/ide-v2/tutorials/ide-v2-cloud-sketch-sync/
  20. Blink, exemples intégrés, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/built-in-examples/basics/Blink/
  21. Arduino CLI, getting started, Arduino (GitHub), https://github.com/arduino/arduino-cli/blob/master/docs/getting-started.md
  22. Dépôts arduino-ide (AGPL-3.0), arduino-cli (GPL-3.0), arduino-app-lab (GPL-3.0), app-bricks-py (MPL-2.0), ArduinoCore-renesas (MIT), Arduino (GitHub), https://github.com/arduino
  23. Device to Device Communication with ESP-NOW, Arduino Documentation, https://docs.arduino.cc/tutorials/nano-esp32/esp-now/
  24. Arduino core for the ESP32 family of SoCs, Espressif (GitHub), https://github.com/espressif/arduino-esp32

Dernière vérification : 27/09/2026

Damien Hernandez
Fondateur et rédacteur de GadGeek

Il écrit GadGeek, avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle pour la recherche documentaire et la mise en forme. Aucun texte n'est publié sans sa relecture : sources recoupées, chiffres vérifiés, erreurs corrigées en clair.

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