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Open source : définition

Définition

Un logiciel open source est un logiciel dont le code source est publié sous une licence qui permet à chacun de l'utiliser, de l'étudier, de le modifier et de le redistribuer, y compris à des fins commerciales. La référence est la définition de l'Open Source Initiative : une licence qui interdit un usage n'en relève pas.

Par , fondateur de GadGeek Publié le · vérifié le 14/10/2026

En bref

  • Open source est un critère de licence, pas de prix ni de méthode de travail : la définition de l'Open Source Initiative (OSI) en fixe dix conditions.
  • Un code ouvert donne le droit de reprendre le logiciel quand son éditeur change de cap : c'est ce qui a permis la naissance d'OpenTofu après le changement de licence de Terraform en 2023.
  • Il ne garantit ni la maintenance, ni la sécurité, ni la maîtrise des données : un logiciel ouvert peut dépendre d'un service fermé.

Pourquoi est-ce important ?

Avec un logiciel propriétaire, l'utilisateur reçoit un droit d'usage que l'éditeur peut modifier, renchérir ou retirer. Avec un logiciel open source, il reçoit le code et le droit d'en faire ce qu'il veut, y compris le confier à un autre prestataire. C'est la réponse logicielle au vendor lock-in : on peut partir avec ses données, mais aussi avec l'outil.

Le droit en tient compte. En France, l'article 16 de la loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 demande aux administrations de veiller à « la maîtrise, la pérennité et l'indépendance de leurs systèmes d'information » et d'encourager l'usage des logiciels libres et des formats ouverts. Dans l'Union, le règlement sur la cyberrésilience (Cyber Resilience Act) définit le « logiciel libre et ouvert » ; il s'applique à partir du 11 décembre 2027 et ne vise que les logiciels fournis dans le cadre d'une activité commerciale.

Comment ça fonctionne ?

Dix critères pour une licence

L'Open Source Definition, version 1.9 publiée par l'OSI, ne décrit pas un logiciel mais sa licence. Une licence est open source si elle remplit les dix critères suivants :

CritèreCe qu'il impose
1. Redistribution libreChacun peut donner ou vendre le logiciel, sans redevance
2. Code sourceLe code est fourni, sous une forme lisible et modifiable
3. Œuvres dérivéesLes modifications sont autorisées et redistribuables
4. Intégrité du code de l'auteurL'auteur peut exiger que les versions modifiées portent un autre nom
5. Aucune discrimination de personnesPersonne n'est exclu de la licence
6. Aucune discrimination d'usageAucun domaine d'activité n'est interdit, y compris le commerce
7. Transmission de la licenceLes droits passent à tous ceux qui reçoivent le logiciel
8. Licence non liée à un produitLes droits ne dépendent pas d'une distribution particulière
9. Pas de restriction sur les autres logicielsLa licence n'impose rien aux programmes distribués à côté
10. Neutralité technologiqueAucune technologie ni interface n'est imposée

Deux familles de licences

Les licences permissives, comme MIT ou Apache 2.0, autorisent presque tout, y compris l'intégration dans un produit fermé. Les licences à réciprocité, dites copyleft, comme la GPL, obligent à garder libres les versions modifiées que l'on redistribue. Le choix décide de ce que deviendra le code : la première maximise sa diffusion, la seconde empêche qu'un tiers le referme.

Exemple concret

Le 10 août 2023, HashiCorp a annoncé que les futures versions de ses produits, dont l'outil d'infrastructure Terraform, passeraient de la licence MPL 2.0, open source, à la Business Source License 1.1. L'usage restait libre, sauf pour proposer une offre concurrente de celle de HashiCorp.

Le 20 septembre 2023, la Linux Foundation a lancé OpenTofu, reprise du code de Terraform resté sous MPL, avec l'engagement public de plus de 140 organisations et de plus de 600 personnes. Le changement de licence ne pouvait pas toucher le code déjà publié : c'est cette garantie que donne l'open source. L'utilisateur mécontent n'a pas eu à négocier ; il a pu continuer avec la version ouverte.

Open source face au code source disponible

Un code visible n'est pas un code ouvert. La Business Source License publie le code mais interdit certains usages concurrents : elle échoue au critère 6, qui proscrit toute discrimination d'usage. On parle alors de code source disponible (source available). Même prudence pour les offres « open core », où une version de base est ouverte et les fonctions avancées restent sous licence propriétaire.

Notre lecture : le test utile n'est pas « puis-je lire le code ? » mais « puis-je le faire tourner ailleurs, chez un autre prestataire, si l'éditeur disparaît ou change ses conditions ? ». Seule une licence open source répond oui sans condition.

Qui contrôle un logiciel open source ?

La licence répartit trois pouvoirs qu'il ne faut pas confondre :

  • Le code : tout le monde, grâce à la licence. Personne ne peut retirer les droits accordés sur une version publiée.
  • La feuille de route : les mainteneurs, souvent une entreprise. Ils décident des versions futures et peuvent en changer la licence, comme l'a montré Terraform.
  • Les données : celui qui héberge le logiciel. Un outil ouvert installé chez un fournisseur tiers envoie les données là où ce fournisseur les stocke.

Relevé GadGeek du 14 octobre 2026 sur notre propre site : gadgeek.fr tourne sur WordPress 7.1.3, sous licence GPL, avec le thème Kadence 1.5.2, sous GPL v3 ou ultérieure, et 26 extensions actives qui déclarent toutes une licence ouverte, 25 de la famille GPL et une sous MIT. Pourtant, l'une d'elles, Akismet, compare les commentaires et les messages de formulaire à la base mondiale de spam de son éditeur, avec une clé d'accès à son service : le code est ouvert, le filtrage se fait ailleurs. L'open source garantit la liberté du logiciel, pas celle du service auquel il se connecte.

Pour garder la main jusqu'au bout, il faut héberger soi-même ou choisir un hébergeur que l'on peut quitter. La rubrique self-hosting détaille la première voie, la sélection des alternatives européennes aux GAFAM la seconde, et le guide Réduire sa dépendance aux GAFAM l'ordre dans lequel procéder.

Questions fréquentes

Open source veut-il dire gratuit ?

Non. Le premier critère de l'OSI autorise expressément la vente du logiciel. Nombre d'éditeurs open source vivent de l'hébergement, du support ou de fonctions complémentaires. La gratuité est fréquente, elle n'est pas une condition.

Open source et logiciel libre, est-ce la même chose ?

Les licences concernées se recoupent presque toujours, les intentions diffèrent. Pour Richard Stallman, fondateur du mouvement du logiciel libre, « l'open source est une méthodologie de développement ; le logiciel libre est un mouvement de société ». Le logiciel libre fait l'objet d'une fiche distincte du lexique.

Un logiciel open source est-il plus sûr ?

Son code est auditable, il n'est pas forcément audité. La sécurité dépend de la maintenance réelle : nombre de mainteneurs actifs, rythme des correctifs, réponse aux failles signalées. Un projet abandonné reste ouvert et devient vulnérable.

Comment vérifier qu'un logiciel est open source ?

Lisez le fichier de licence du dépôt, puis vérifiez que cette licence figure dans la liste des licences approuvées par l'OSI. Méfiez-vous des mentions « source disponible », « community edition » ou des licences maison qui restreignent l'usage commercial.

Sources

  1. The Open Source Definition, version 1.9, Open Source Initiative, consultée le 14 octobre 2026.
  2. Loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique, article 16, Légifrance, 8 octobre 2016.
  3. Règlement (UE) 2024/2847 sur la cyberrésilience, article 3 point 48 et article 71, EUR-Lex, 23 octobre 2024.
  4. HashiCorp adopts the Business Source License, HashiCorp, 10 août 2023.
  5. Linux Foundation Launches OpenTofu, Linux Foundation, 20 septembre 2023.
  6. Qu'est-ce que le copyleft ?, GNU, mise à jour du 4 mai 2026.
  7. En quoi l'open source perd de vue l'éthique du logiciel libre, Richard Stallman, GNU, mise à jour du 28 décembre 2025.

Dernière vérification : 14/10/2026

Damien Hernandez
Fondateur et rédacteur de GadGeek

Il écrit GadGeek, avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle pour la recherche documentaire et la mise en forme. Aucun texte n'est publié sans sa relecture : sources recoupées, chiffres vérifiés, erreurs corrigées en clair.