Withings Apple Santé : la synchronisation devient payante, ce que la loi vous garantit encore
Depuis le 13 octobre 2026, les nouveaux comptes Withings doivent s'abonner à Withings+ pour synchroniser leurs mesures vers Apple Santé, Health Connect ou Strava. L'export CSV reste gratuit, le Data Act exclut Apple et Google du partage gratuit, mais pas Strava.

Depuis le 13 octobre 2026, un nouveau compte Withings doit payer l’abonnement Withings+ pour envoyer ses mesures vers Apple Santé, Health Connect ou Strava, soit 9,95 € par mois ou 99,50 € par an (source : FAQ Withings+, relevé du 17/10/2026). Les comptes plus anciens ne sont pas concernés. Vos données restent accessibles gratuitement : l’application Withings permet toujours d’exporter tout l’historique en CSV. Le règlement européen sur les données ne protège pas la synchronisation vers Apple et Google, mais il pose une vraie question pour Strava.
Nous avons relu, le 17 octobre 2026, les pages d’assistance et la page d’abonnement de Withings, puis les articles du Data Act et du RGPD qui encadrent l’accès aux données d’un objet connecté. Voici ce qui change, ce que la loi impose, et comment garder la main sur vos mesures sans payer.
Withings, Apple Santé et Health Connect : ce qui a changé le 13 octobre
Withings l’écrit dans un avertissement ajouté en tête de sa page d’assistance consacrée à Apple Health : des « modifications récentes » de son interface de programmation et de « nouvelles mesures de confidentialité » sont en place depuis le 13 octobre 2026. Les comptes créés à partir de cette date doivent disposer d’un abonnement Withings+ actif pour exporter leurs données vers des applications tierces comme Apple Santé et Health Connect, le service de Google sur Android. Les comptes ouverts avant le 13 octobre ne changent pas de régime.
Le changement a été révélé par un acheteur sur X, puis documenté par Numerama, qui rapporte que le support de Withings a confirmé que l’intégration des applications partenaires est « désormais soumise à un abonnement ». Concrètement, un nouveau propriétaire de balance, de montre ou de tensiomètre qui active la synchronisation tombe sur un écran d’abonnement.
Le prix diffère selon la source. Numerama cite 9,99 € par mois ou 99,99 € par an (source : Numerama, 14/10/2026).
La FAQ de la page Withings+ du site français, que nous avons relevée le 17 octobre, indique 9,95 € par mois ou 99,50 € par an (source : withings.com, relevé du 17/10/2026), après un mois d’essai gratuit offert avec chaque appareil. Nous retenons le tarif publié par le fabricant.
Ce qui reste gratuit : vos données dans l’application, et l’export CSV
Le paiement ne porte que sur la synchronisation automatique vers d’autres applications. La même page d’assistance précise que l’utilisateur garde « un accès direct » à ses données, abonné ou non, et peut télécharger ou partager un PDF. La page d’assistance sur l’export décrit en plus un export complet au format CSV, sans abonnement :
- ouvrir l’application Withings et aller dans le Profil ;
- toucher l’icône Paramètres en haut à droite ;
- choisir « Exporter toutes les données de santé », puis le profil utilisateur ;
- lancer l’archivage : un e-mail arrive avec les fichiers CSV.
L’archive couvre l’activité, la tension artérielle, le poids et la composition corporelle, le sommeil, la température, la SpO2, les calories et la taille, plus les mesures d’environnement de certains appareils. Un fichier CSV s’ouvre dans n’importe quel tableur et se réimporte dans de nombreuses applications. C’est moins pratique qu’une synchronisation continue, mais c’est une sortie réelle.
Ce que dit le Data Act, et pourquoi Apple et Google en sont exclus
Le règlement (UE) 2023/2854 sur les données, dit Data Act, s’applique depuis le 12 septembre 2025. Il vise précisément les objets connectés et leurs services associés, donc une balance ou une montre et son application. Trois articles comptent ici.
- Article 4 : l’accès de l’utilisateur. Quand l’utilisateur ne peut pas lire ses données directement sur l’appareil, le fabricant doit les lui rendre accessibles « sans frais », dans un format structuré et lisible par machine, et « en continu et en temps réel » lorsque c’est pertinent et techniquement possible. L’export CSV gratuit répond à l’essentiel de cette obligation ; le débat porte sur le « en continu ».
- Article 5 : le partage avec un tiers. À la demande de l’utilisateur, le fabricant doit transmettre les données à un tiers « sans frais pour l’utilisateur ». Il peut demander une compensation raisonnable au tiers (article 9), pas à son client.
- Article 5, paragraphe 3 : l’exclusion des contrôleurs d’accès. Une entreprise désignée comme contrôleur d’accès au titre du règlement sur les marchés numériques n’est pas un tiers éligible. Or Apple et Alphabet, maison mère de Google, ont été désignés par la Commission européenne le 6 septembre 2023, selon son portail des contrôleurs d’accès.
Conséquence : le Data Act n’oblige pas Withings à alimenter gratuitement Apple Santé ou Health Connect. Le législateur a voulu que les géants ne profitent pas de ce droit de partage, et c’est justement leur service que Withings fait payer. Pour Strava, qui n’est pas contrôleur d’accès, la lecture est différente : un utilisateur qui demande le transfert de ses mesures vers Strava exerce, à notre lecture, le droit de l’article 5, qui doit lui être gratuit. Withings, entreprise de taille intermédiaire de 250 à 499 salariés selon l’annuaire des entreprises de l’Insee, ne relève pas de l’exemption réservée aux microentreprises et aux petites entreprises (article 7). Seule une autorité compétente ou un juge peut trancher ce point.
Le RGPD ajoute une couche pour les données personnelles. Son article 20, que la CNIL reproduit sur son site, donne un droit à la portabilité, avec transmission directe d’un service à un autre « lorsque cela est techniquement possible », et l’article 12 interdit de faire payer l’exercice de ce droit. L’export CSV gratuit satisfait la première partie ; la transmission directe existe techniquement, puisque Withings la vend.
Qui contrôle vos mesures de santé ?
Qui décide. Withings, entreprise française installée à Issy-les-Moulineaux, fixe seule les conditions d’accès à son interface de programmation. Elle peut changer les règles pour les nouveaux comptes du jour au lendemain, comme elle vient de le faire. L’utilisateur, lui, a acheté un appareil, pas un droit d’usage garanti des services qui l’entourent.
Où vont les données. Activer la synchronisation vers Apple Santé ou Health Connect copie vos mesures chez un deuxième acteur, soumis au droit américain, qui les combine avec celles d’autres appareils. La page Withings+ annonce aussi que les données de santé sont « reliées à votre plateforme d’IA préférée ». Chaque connexion ajoute un destinataire : payer ou non n’est pas la seule question à se poser.
Comment reprendre la main. Exporter l’historique en CSV une fois par mois garde une copie complète chez vous, sans abonnement et sans dépendre d’une application tierce. Pour qui veut aller plus loin, notre méthode pour réduire sa dépendance aux GAFAM s’applique aussi aux données de santé, et notre fiche sur la réversibilité explique pourquoi un format ouvert vaut mieux qu’une synchronisation fermée.
Ce qu’il faut faire selon votre situation
| Situation | Ce qui s’applique | Action utile |
|---|---|---|
| Compte Withings créé avant le 13 octobre 2026 | Synchronisation inchangée | Ne pas recréer de compte, même en changeant d’appareil |
| Nouveau compte, besoin d’Apple Santé ou Health Connect | Withings+ obligatoire pour la synchronisation | Exporter le CSV et l’importer à la main, ou s’abonner |
| Nouveau compte, besoin de Strava | Withings+ exigé, mais l’article 5 du Data Act prévoit un partage sans frais pour l’utilisateur | Demander le transfert par écrit à Withings en citant l’article 5 |
| Achat pas encore fait | Le prix réel inclut l’abonnement si la synchronisation compte | Comparer sur trois ans, abonnement compris |
Notre avis : Withings a le droit de vendre des services, et l’export CSV gratuit montre qu’elle n’enferme pas les données. Mais présenter la synchronisation, argument de vente historique de la marque, comme une option payante pour les seuls nouveaux clients brouille la promesse faite au moment de l’achat. Le cas Strava est le plus fragile juridiquement ; c’est là que le Data Act sera testé.
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Sources
- « Apps Partenaires : qu’est-ce qu’Apple Health ? », avertissement sur les changements du 13 octobre 2026, Withings, support.withings.com, relevé du 17 octobre 2026.
- « Withings App : Exporting your data », Withings, support.withings.com, relevé du 17 octobre 2026.
- Page Withings+ et sa FAQ (prix, essai, Withings+ Protect), Withings, withings.com, relevé du 17 octobre 2026.
- Nicolas Lellouche, « Withings fait payer l’accès à vos propres données », Numerama, numerama.com, 14 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2023/2854 du 13 décembre 2023 (règlement sur les données), articles 3, 4, 5, 7, 9 et 50, eur-lex.europa.eu, consulté le 17 octobre 2026.
- « Gatekeepers Portal », Commission européenne, digital-markets-act.ec.europa.eu, consulté le 17 octobre 2026.
- Règlement général sur la protection des données, chapitre III (articles 12 et 20), reproduit par la CNIL, cnil.fr, consulté le 17 octobre 2026.
- Fiche Withings (Siren 504 787 565), API Recherche d’entreprises, recherche-entreprises.api.gouv.fr, tranche d’effectif 2024, relevé du 17 octobre 2026.
Dernière vérification : 17/10/2026
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