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Monter son propre serveur multimédia avec Jellyfin et Kodi, et régler un Kodi qui saccade

Plutôt que louer un catalogue, servez votre propre collection : Jellyfin comme serveur, Kodi comme lecteur. Installation, matériel conseillé, et les réglages de cache actuels de Kodi.

Par , fondateur de GadGeek Publié le · mis à jour le
Trois personnes sur un canapé regardant un film sur le téléviseur du salon
Photo : Ron Lach sur Pexels

Réponse immédiate. Pour regarder ses propres films, séries et musiques sans dépendre d’une plateforme, on combine deux logiciels libres : un serveur multimédia comme Jellyfin, qui range la collection et la diffuse sur le réseau, et un lecteur comme Kodi, installé sur la télévision. Et si Kodi saccade, les réglages de mémoire tampon se font désormais dans ses menus, plus dans un fichier.

En bref

  • Jellyfin est un serveur multimédia libre (licence GPL), sans offre payante ni serveur central qui collecte vos données ; version 12.1 publiée le 15/09/2026.
  • Kodi est un lecteur multimédia libre (GPL 2.0 ou ultérieure) ; la version stable est la 21.3 « Omega », la 22 « Piers » est en bêta.
  • Depuis Kodi 21, les réglages de cache se trouvent dans Paramètres, Services, Mise en cache ; les balises de cache du fichier advancedsettings.xml sont ignorées.
  • Pour le serveur, Jellyfin déconseille la plupart des nano-ordinateurs, Raspberry Pi 5 compris : un mini-PC avec un processeur graphique Intel récent convient mieux.
  • On n’ouvre pas le serveur directement sur internet : la documentation Jellyfin le juge non sécurisé.

Pourquoi monter son propre serveur multimédia

Une plateforme de streaming loue un catalogue : les titres entrent et sortent selon ses contrats, et chaque lecture alimente ses statistiques. Un serveur multimédia personnel fait l’inverse. Il indexe les fichiers que vous possédez déjà (films numérisés, vidéos de famille, musique achetée sans verrou, enregistrements de la télévision) et les rend accessibles sur tous vos écrans. Les fichiers restent chez vous, et l’historique de visionnage aussi.

Ce n’est pas une solution de remplacement complète : un serveur personnel ne donne accès qu’aux contenus que vous avez le droit de détenir. Il répond à une autre question, celle de la maîtrise de sa propre collection, et s’inscrit dans une démarche plus large pour réduire sa dépendance aux grandes plateformes. Les outils décrits ici ne servent qu’à lire des contenus légalement acquis.

Deux rôles, deux logiciels

On confond souvent le serveur et le lecteur. Le serveur tourne en permanence sur une machine de la maison, range la bibliothèque, récupère les affiches et les résumés, et envoie les fichiers. Le lecteur, lui, s’affiche sur la télévision et se pilote à la télécommande.

Jellyfin, le serveur

Selon sa page de présentation, Jellyfin est un « système multimédia libre » qui diffuse vos médias depuis un serveur dédié vers vos appareils, « sans licence ni fonction premium ». Il est né en décembre 2018 d’une reprise du code d’Emby, lorsque ce dernier est passé en code fermé, et se présente comme une alternative libre à Emby et Plex. Son site officiel précise que le projet n’a « aucun suivi ni serveur centralisé collectant vos données ». La version 12.0 est sortie le 8 septembre 2026, suivie de la 12.1 le 15 septembre.

Jellyfin gère films, séries, musique, livres, photos et télévision en direct, et propose des applications pour navigateur, Android, iOS, plusieurs téléviseurs connectés, et Kodi.

Kodi, le lecteur

Kodi, anciennement XBMC, est décrit par son wiki officiel comme un lecteur multimédia « libre et open source » conçu pour être utilisé à distance de l’écran, avec une télécommande. Il fonctionne sous Windows, macOS, Linux, Android, iOS et tvOS, et BSD. Le projet est géré par une fondation à but non lucratif et développé par des bénévoles. Kodi peut lire des fichiers locaux ou partagés sur le réseau, et peut lui-même servir de petit serveur UPnP (un protocole de partage de médias sur le réseau local).

Jellyfin Kodi
Rôle principal Serveur : indexe et diffuse Lecteur : affiche sur la télévision
Licence GPL GPL 2.0 ou ultérieure
Version au 27/09/2026 12.1 (15/09/2026) 21.3 « Omega » stable, 22 en bêta
Offre payante Aucune Aucune
Accès hors de chez soi Possible, à sécuriser Pas son rôle
Matériel type Mini-PC avec processeur graphique Intel récent Téléviseur Android, boîtier, ordinateur, Raspberry Pi

Choisir le matériel du serveur

La page de choix du matériel de Jellyfin est franche, et elle contredit une idée répandue. Le point clé est le transcodage : la conversion à la volée d’une vidéo dans un format que l’appareil de lecture sait lire. Sans puce graphique capable de l’accélérer, le processeur seul peut ne pas suivre, même puissant.

  • Conseillé : processeurs Intel avec graphique intégré récent, par exemple l’Intel N100 ou un Core i5-11400 ; 8 Go de RAM en général, 4 Go pouvant suffire sur un serveur Linux sans interface graphique ; un SSD d’environ 100 Go pour le système et le cache ; une connexion Ethernet gigabit, le Wi-Fi et le CPL étant déconseillés.
  • Déconseillé : la plupart des nano-ordinateurs, « y compris le Raspberry Pi, en particulier le Raspberry Pi 5 », faute d’accélération matérielle ; les anciens processeurs Intel basse consommation des séries J, M, N et Y jusqu’à la 11e génération ; les graphiques AMD, pour la qualité d’encodage et les pilotes ; beaucoup de NAS du commerce.

Le Raspberry Pi garde un rôle : celui de lecteur sous Kodi, branché à la télévision. Pour le serveur, un mini-PC fera mieux. Voir aussi notre rubrique auto-hébergement.

Tutoriel : installer Jellyfin sur Debian ou Ubuntu, puis le relier à Kodi

Ce tutoriel suit la documentation d’installation Linux de Jellyfin et la page consacrée à Kodi. Il décrit Jellyfin 12 et Kodi 21.

Prérequis

  • Une machine sous Debian ou Ubuntu récente (ou un dérivé comme Linux Mint ou Raspberry Pi OS), avec un compte ayant les droits sudo, et curl et sha256sum installés. Jellyfin 12 ne produit plus de paquets pour Debian Bullseye (11) ni Ubuntu Focal.
  • Vos fichiers multimédias rangés dans des dossiers sur cette machine ou sur un partage réseau.
  • Kodi installé sur l’appareil branché à la télévision.

Étapes

  1. Téléchargez le script d’installation et sa somme de contrôle, puis vérifiez-la :
    Terminal
    curl -s https://repo.jellyfin.org/install-debuntu.sh -O && \
    curl -s https://repo.jellyfin.org/install-debuntu.sh.sha256sum -O && \
    sha256sum -c install-debuntu.sh.sha256sum

    Le message install-debuntu.sh: OK confirme que le fichier est intact.

  2. Facultatif mais recommandé : lisez le script avant de l’exécuter.
    Terminal
    less install-debuntu.sh
  3. Lancez l’installation :
    Terminal
    sudo bash install-debuntu.sh
  4. Ouvrez un navigateur à l’adresse http://adresse-ip-du-serveur:8096 (8096 est le port HTTP par défaut) et suivez l’assistant : création du compte administrateur, ajout des bibliothèques, réglages de base.
  5. Dans Kodi, installez l’extension officielle. Sur un ordinateur, téléchargez le fichier repository.jellyfin.kodi.zip depuis kodi.jellyfin.org, puis dans Kodi : Navigateur d’extensions, « Installer depuis un fichier zip ». Sur un boîtier Android TV, ajoutez la source https://kodi.jellyfin.org dans le gestionnaire de fichiers, puis installez depuis ce fichier zip. Kodi peut demander d’autoriser les « sources inconnues ».
  6. Depuis ce dépôt, choisissez l’une des deux extensions : Jellyfin for Kodi, qui synchronise la bibliothèque dans celle de Kodi, ou JellyCon, qui se comporte comme une extension de streaming classique et facilite le passage d’un serveur ou d’un utilisateur à l’autre.

Vérification finale

Vos films apparaissent dans l’interface web de Jellyfin et dans Kodi, avec affiches et résumés, et la lecture démarre depuis la télévision.

Si ça ne marche pas

  • La somme de contrôle échoue : supprimez les deux fichiers et recommencez le téléchargement, ne lancez pas le script.
  • Kodi ne trouve pas le serveur : la découverte automatique utilise le port UDP 7359 et ne fonctionne que sur le même réseau local ; saisissez l’adresse du serveur à la main.
  • Pas d’affiches ni de résumés : Jellyfin fonctionne sans internet, mais va chercher ces métadonnées en ligne ; sans connexion, elles ne se chargent pas.

Kodi saccade : les bons réglages en 2026

La version précédente de cet article conseillait de modifier le fichier advancedsettings.xml. Ce n’est plus valable. Le wiki de Kodi indique que ces réglages ont été déplacés dans l’interface avec Kodi 21 « Omega », et que les anciennes balises présentes dans le fichier « seront ignorées ». Ils se trouvent dans Paramètres, Services, Mise en cache, au niveau de paramètres « Avancé » :

  • Mode de mise en mémoire tampon : aucun tampon, flux internet seulement, systèmes de fichiers internet, systèmes de fichiers réseau (SMB, NFS), ou tous les systèmes de fichiers y compris les fichiers locaux.
  • Taille mémoire : le nombre de mégaoctets de RAM réservés au tampon ; à 0, le cache est écrit sur le disque.
  • Facteur de lecture : la vitesse de lecture maximale, en multiple du débit moyen de la vidéo, 4 par défaut. Une option « Adaptatif » lit plus vite quand le cache est vide puis ralentit.
  • Taille des blocs : de 16 Ko à 1 Mo, 128 Ko par défaut, utile pour les fichiers UHD sur appareils modestes ou réseaux lents.

Avant de toucher au cache, vérifiez le réseau : un lecteur en Wi-Fi faible ou un serveur qui doit transcoder sans accélération matérielle produisent les mêmes saccades, et aucun réglage de tampon ne les corrige.

Accéder à sa bibliothèque hors de chez soi

La documentation réseau de Jellyfin rappelle que le serveur n’a pas besoin d’être accessible depuis internet, et qu’ouvrir un port directement vers internet est « non sécurisé et non recommandé ». Deux voies sont documentées : un proxy inverse (un serveur frontal qui reçoit les connexions et les transmet) avec HTTPS, ou un VPN. Un VPN auto-hébergé, comme celui présenté dans notre article sur PiVPN, garde tout chez vous. La documentation décrit aussi Tailscale, plus simple à mettre en place mais qui suppose un compte chez un prestataire tiers : c’est un compromis à assumer en connaissance de cause.

Et pour la musique seule, avec une chaîne hi-fi plutôt qu’une télévision, voir notre article sur les lecteurs réseau libres.

Questions fréquentes

Kodi est-il légal ?

Oui. Kodi est un lecteur libre, comme un lecteur vidéo sur ordinateur. Ce sont certaines extensions tierces qui donnent accès à des contenus diffusés sans droits ; l’équipe de Kodi les recense et les bannit de ses espaces officiels, et refuse d’assister les installations qui en contiennent. Les extensions du dépôt officiel de Kodi sont vérifiées.

Jellyfin est-il vraiment gratuit ?

Oui. Le projet affirme qu’il n’existe « aucun coût, caché ou autre », et ne propose ni licence ni fonction premium. Il est développé par des bénévoles.

Un Raspberry Pi suffit-il ?

Comme lecteur Kodi, oui. Comme serveur Jellyfin, la documentation le déconseille, surtout le Raspberry Pi 5, faute d’accélération matérielle du transcodage. Si toutes vos vidéos sont lues sans conversion par vos appareils, un petit serveur peut suffire, mais c’est à tester.

Faut-il choisir entre Kodi et Jellyfin ?

Non, ils se complètent. Jellyfin sert la bibliothèque à tous les appareils de la maison ; Kodi offre une interface de salon et se branche sur Jellyfin grâce à une extension officielle.

Mes données partent-elles quelque part ?

Selon Jellyfin, le logiciel ne comporte aucun suivi ni serveur central. Il se connecte en revanche à des fournisseurs de métadonnées en ligne pour récupérer affiches et résumés.

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Sources

  1. « About Jellyfin », Jellyfin, https://jellyfin.org/docs/general/about, consulté le 27/09/2026.
  2. Page d’accueil, Jellyfin, https://jellyfin.org/, consulté le 27/09/2026.
  3. « Quick Start », Jellyfin, https://jellyfin.org/docs/general/quick-start, consulté le 27/09/2026.
  4. « Linux » (installation), Jellyfin, https://jellyfin.org/docs/general/installation/linux, consulté le 27/09/2026.
  5. « Hardware Selection », Jellyfin, https://jellyfin.org/docs/general/administration/hardware-selection, consulté le 27/09/2026.
  6. « Networking », Jellyfin, https://jellyfin.org/docs/general/post-install/networking/, consulté le 27/09/2026.
  7. « Kodi » (clients), Jellyfin, https://jellyfin.org/docs/general/clients/kodi, consulté le 27/09/2026.
  8. Notes de version 12.0, Jellyfin sur GitHub, https://github.com/jellyfin/jellyfin/releases/tag/v12.0, 08/09/2026.
  9. « Kodi », Kodi Wiki, https://kodi.wiki/view/Kodi, consulté le 27/09/2026.
  10. « Settings/Services/Caching », Kodi Wiki, https://kodi.wiki/view/Settings/Services/Caching, consulté le 27/09/2026.
  11. « UPnP », Kodi Wiki, https://kodi.wiki/view/UPnP, consulté le 27/09/2026.
  12. « Official:Forum rules/Banned add-ons », Kodi Wiki, https://kodi.wiki/view/Official:Forum_rules/Banned_add-ons, consulté le 27/09/2026.
  13. Version 21.3 « Omega », Kodi (xbmc) sur GitHub, https://github.com/xbmc/xbmc/releases/tag/21.3-Omega, 31/10/2025.

Dernière vérification : 27/09/2026

Damien Hernandez
Fondateur et rédacteur de GadGeek

Il écrit GadGeek, avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle pour la recherche documentaire et la mise en forme. Aucun texte n'est publié sans sa relecture : sources recoupées, chiffres vérifiés, erreurs corrigées en clair.

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