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Commandes Raspberry Pi OS : l’essentiel pour gérer un serveur domestique

Un mémo des commandes Raspberry Pi OS pour entretenir un serveur domestique, toutes recopiées depuis la documentation Raspberry Pi et les pages de manuel Debian.

Par , fondateur de GadGeek Publié le · mis à jour le
Carte Raspberry Pi vue de dessus, avec ses ports USB, Ethernet et HDMI
Photo : Alessandro Oliverio sur Pexels

Réponse immédiate. Pour administrer un Raspberry Pi qui héberge vos services, une trentaine de commandes suffisent : se connecter en SSH, mettre à jour avec sudo apt update puis sudo apt full-upgrade, surveiller les services avec systemctl et journalctl, contrôler température, mémoire et disque, monter un disque externe et sauvegarder avec rsync. Toutes celles de cette page sont tirées de la documentation officielle.

En bref

  • Toutes les commandes ci-dessous figurent dans la documentation Raspberry Pi ou dans les pages de manuel de Debian 13 « Trixie », base de l’actuel Raspberry Pi OS.
  • Les valeurs entre chevrons, comme <username>, sont à remplacer par les vôtres.
  • La mise à jour se fait avec full-upgrade, pas upgrade, et rpi-update n’est pas un outil de mise à jour courante.
  • Pour changer de version majeure (de Bookworm à Trixie), Raspberry Pi recommande une réinstallation, pas une mise à jour sur place.
  • Pour qu’un serveur garde la même adresse locale, la documentation recommande une réservation DHCP sur la box plutôt qu’une adresse fixe réglée sur le Pi.

À qui s’adressent ces commandes Raspberry Pi

Ce mémo vise un usage précis : un Raspberry Pi sans écran, allumé en permanence, qui fait tourner vos services chez vous (VPN, partage de fichiers, domotique, serveur multimédia). C’est ce qu’on appelle l’auto-hébergement : vos données restent sur votre matériel, dans votre logement, au lieu d’être confiées à un service en ligne. En contrepartie, l’entretien vous revient. Ces commandes sont celles de cet entretien.

Version décrite : Raspberry Pi OS basé sur Debian 13 « Trixie », de préférence l’édition Lite (sans bureau graphique), que la documentation Raspberry Pi recommande pour les serveurs sans écran. La plupart des commandes sont communes à toutes les distributions Debian. Celles qui sont propres au Raspberry Pi (raspi-config, vcgencmd, rpi-eeprom-update) sont signalées.

Se connecter à distance en SSH

SSH (Secure Shell) ouvre un terminal chiffré sur le Raspberry Pi depuis un autre ordinateur. La documentation indique qu’il est désactivé par défaut : le plus simple est de l’activer dans Raspberry Pi Imager, au moment de préparer la carte, en même temps que vous créez votre utilisateur. C’est vous qui choisissez le nom d’utilisateur et le mot de passe.

Commande À quoi elle sert
hostname -I Afficher l’adresse IP du Raspberry Pi (à lancer sur le Pi)
ping raspberrypi.local Retrouver le Pi sur le réseau local par son nom d’hôte
ssh <username>@<ip address> Se connecter depuis un autre ordinateur
ssh-keygen Créer une paire de clés sur votre ordinateur
ssh-copy-id <username>@<ip address> Copier votre clé publique sur le Pi pour vous connecter sans mot de passe
sudo nano /etc/ssh/sshd_config Modifier la configuration du serveur SSH, par exemple la directive AllowUsers pour limiter les comptes autorisés
sudo systemctl restart ssh Redémarrer le serveur SSH pour appliquer les changements
passwd Changer le mot de passe de votre compte

L’authentification par clé est la mesure de sécurité la plus rentable sur un serveur domestique. Pour joindre SSH depuis l’extérieur de chez vous, passez par un VPN plutôt que d’ouvrir le port sur votre box : voyez notre tutoriel PiVPN.

Mettre à jour le système et gérer les logiciels

APT est le gestionnaire de paquets : il installe, met à jour et retire les logiciels. La documentation Raspberry Pi recommande de lancer régulièrement les deux premières commandes, et de préférer full-upgrade à upgrade, car Raspberry Pi OS modifie plus souvent ses dépendances que Debian.

Commande À quoi elle sert
sudo apt update Rafraîchir la liste des paquets disponibles
sudo apt full-upgrade Installer les mises à jour, noyau et micrologiciel compris
apt-cache search raspi Chercher un paquet par mot-clé (ici « raspi »)
apt-cache show raspi-config Afficher la version, la taille et les dépendances d’un paquet
sudo apt install <package-name> Installer un paquet
sudo apt remove <package-name> Désinstaller un paquet
sudo apt purge <package-name> Désinstaller un paquet et ses fichiers de configuration
sudo apt clean Supprimer les paquets téléchargés conservés dans /var/cache/apt/archives
sudo raspi-config Outil de configuration propre au Raspberry Pi (interfaces, localisation, version du chargeur d’amorçage)
sudo rpi-eeprom-update Vérifier si une mise à jour du chargeur d’amorçage est disponible (Raspberry Pi 4 et 5)
sudo rpi-eeprom-update -a Appliquer cette mise à jour, puis redémarrer

Deux mises en garde tirées de la documentation. rpi-update installe des versions de test du noyau et du micrologiciel : il est réservé aux développeurs ou aux cas où un ingénieur Raspberry Pi le demande. Et pour passer à une nouvelle version majeure de Raspberry Pi OS, la documentation recommande de réinstaller sur un nouveau support après sauvegarde, pas de mettre à jour sur place.

Surveiller et piloter les services

Sur Raspberry Pi OS, les services (serveur SSH, VPN, serveur web) sont gérés par systemd. Deux outils suffisent au quotidien : systemctl pour l’état des services, journalctl pour leurs journaux. Les formes ci-dessous reprennent la syntaxe des pages de manuel Debian, où UNIT désigne le nom du service.

Commande À quoi elle sert
systemctl status bluetooth Exemple de la page de manuel : état d’un service, avec ses dernières lignes de journal. Remplacez bluetooth par le service voulu
systemctl --failed Lister les services en échec
sudo systemctl restart ssh Redémarrer un service
sudo systemctl enable dnsmasq Exemple de la documentation Raspberry Pi : lancer un service à chaque démarrage
journalctl -u UNIT Afficher les journaux d’un seul service
journalctl -f Suivre les nouveaux messages en direct (Ctrl+C pour quitter)
sudo reboot Redémarrer le Raspberry Pi
sudo poweroff Éteindre proprement avant de débrancher l’alimentation

Contrôler la santé du matériel

Un serveur domestique tourne jour et nuit, souvent dans un placard. La température et la qualité de l’alimentation sont les deux premières causes d’instabilité. L’outil vcgencmd, propre au Raspberry Pi, interroge le processeur graphique et le micrologiciel.

Commande À quoi elle sert
vcgencmd measure_temp Température de la puce principale (SoC)
vcgencmd get_throttled État de bridage : un bit à 1 signale une sous-tension ou une limite de température, actuelle ou passée
vcgencmd commands Lister toutes les sous-commandes disponibles
vcgencmd get_config usb_max_current_enable Vérifier le courant autorisé sur les ports USB
free -h Mémoire vive et mémoire d’échange utilisées, en unités lisibles
uptime -p Durée depuis le dernier démarrage
df -h Espace libre sur chaque disque
du -sh Taille totale d’un dossier (ajoutez son chemin)

La documentation détaille les bits renvoyés par get_throttled : 0x1 pour une sous-tension en cours, 0x4 pour un bridage en cours, 0x10000 pour une sous-tension survenue depuis le démarrage, entre autres. Une sous-tension répétée signale presque toujours une alimentation insuffisante.

Réseau

La documentation Raspberry Pi configure le réseau avec nmcli, l’outil en ligne de commande de NetworkManager. Pour lire les adresses, la commande ip de Debian fait le reste.

Commande À quoi elle sert
ip address show Adresses IPv4 et IPv6 de toutes les interfaces
nmcli device show Détail des interfaces : adresse, passerelle, DNS
nmcli dev wifi list Réseaux Wi-Fi visibles
ss -t -a Toutes les connexions et écoutes TCP
ss -u -a Toutes les connexions et écoutes UDP
sudo nmap -sn 192.168.1.0/24 Depuis votre ordinateur, repérer les appareils du réseau local, dont le Pi (adaptez la plage à votre réseau ; nécessite le paquet nmap)

Pour qu’un serveur garde toujours la même adresse locale, la documentation Raspberry Pi recommande une réservation DHCP dans l’interface de la box, plutôt qu’une adresse fixe configurée sur le Pi, source d’erreurs.

Disques externes

Placer les données sur un disque USB, ou sur un SSD NVMe pour le Raspberry Pi 5, les sépare de la carte microSD qui porte le système : une réinstallation ne les touche pas. Les commandes suivantes reprennent l’exemple de la documentation, où le disque apparaît comme /dev/sda1.

Commande À quoi elle sert
sudo lsblk -o UUID,NAME,FSTYPE,SIZE,MOUNTPOINT,LABEL,MODEL Lister les disques et partitions avec leur identifiant
sudo blkid Afficher l’identifiant unique (UUID) de chaque partition
sudo mkdir /mnt/mydisk Créer le point de montage
sudo mount /dev/sda1 /mnt/mydisk Monter la partition
sudo nano /etc/fstab Déclarer le montage automatique au démarrage
sudo umount /mnt/mydisk Démonter avant de débrancher

Selon le format du disque, la documentation indique d’installer exfat-fuse (exFAT) ou ntfs-3g (NTFS). Un disque USB gourmand peut dépasser ce que les ports du Pi fournissent : un boîtier ou un concentrateur USB alimenté règle le problème.

Copier et sauvegarder

Un service auto-hébergé sans sauvegarde revient à confier ses données à une carte mémoire. Ces commandes se lancent depuis votre ordinateur.

Commande À quoi elle sert
scp myfile.txt <username>@<pi_ip_address>: Envoyer un fichier dans le dossier personnel du Pi
scp <username>@<pi_ip_address>:myfile.txt . Récupérer un fichier du Pi
scp -r project/ <username>@<pi_ip_address>: Envoyer un dossier entier
rsync -avz -e ssh <pi_username>@<pi_ip_address>:<pi_folder_name>/ <pc_folder_name>/ Synchroniser un dossier du Pi vers l’ordinateur : seuls les fichiers modifiés sont recopiés

Comptes utilisateurs

Commande À quoi elle sert
sudo adduser <username> Créer un compte
groups Afficher les groupes du compte courant
sudo deluser --remove-home <username> Supprimer un compte et son dossier personnel

Routine d’entretien conseillée

  1. Connectez-vous : ssh <username>@<ip address>.
  2. Mettez à jour : sudo apt update puis sudo apt full-upgrade.
  3. Vérifiez les services : systemctl --failed ne doit rien lister.
  4. Vérifiez le matériel : vcgencmd get_throttled ne doit signaler aucun bit (valeur 0x0), et df -h doit laisser de la marge.
  5. Redémarrez si le noyau a été mis à jour : sudo reboot.
  6. Lancez votre sauvegarde rsync depuis votre ordinateur.

Si ça ne marche pas. Une commande « introuvable » signale un paquet absent : cherchez-le avec apt-cache search. Un « Permission denied » signale une commande qui demande sudo. Un service qui refuse de démarrer s’explique presque toujours dans journalctl -u UNIT.

Pour choisir le matériel, lisez notre guide quel Raspberry Pi pour héberger ses services, et retrouvez les autres tutoriels dans la rubrique Raspberry Pi.

Questions fréquentes

Faut-il utiliser apt ou apt-get ?

La documentation Raspberry Pi utilise apt dans toutes ses consignes, avec apt-cache pour la recherche. C’est la forme à retenir en usage interactif.

Pourquoi full-upgrade plutôt que upgrade ?

Raspberry Pi OS modifie plus souvent les dépendances de ses paquets que Debian. full-upgrade peut ajouter ou retirer des paquets pour les satisfaire, là où upgrade laisserait certaines mises à jour de côté.

Dois-je lancer rpi-update pour mettre à jour le micrologiciel ?

Non. Le micrologiciel stable arrive avec les mises à jour APT, dans le paquet raspi-firmware. rpi-update installe des versions de test qui peuvent rendre le système instable, voire l’empêcher de démarrer.

Comment passer de Bookworm à Trixie ?

La documentation déconseille la mise à jour sur place. Il faut sauvegarder ses données, installer une image neuve avec Raspberry Pi Imager sur un nouveau support, puis recopier fichiers et configurations.

Comment savoir si mon alimentation est suffisante ?

Lancez vcgencmd get_throttled. Si les bits de sous-tension (0x1 ou 0x10000) apparaissent, l’alimentation ou le câble est en cause.

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Sources

  1. Raspberry Pi Ltd, « Raspberry Pi OS » (introduction, mises à jour, gestion des paquets), https://www.raspberrypi.com/documentation/computers/os.html, consulté le 27/09/2026.
  2. Raspberry Pi Ltd, « Remote access » (SSH, adresse IP, scp, rsync), https://www.raspberrypi.com/documentation/computers/remote-access.html, consulté le 27/09/2026.
  3. Raspberry Pi Ltd, « Configuration » (réseau, utilisateurs, stockage externe), https://www.raspberrypi.com/documentation/computers/configuration.html, consulté le 27/09/2026.
  4. Raspberry Pi Ltd, « Raspberry Pi hardware » (chargeur d’amorçage EEPROM, alimentation), https://www.raspberrypi.com/documentation/computers/raspberry-pi.html, consulté le 27/09/2026.
  5. Raspberry Pi Ltd, dépôt source de la documentation, https://github.com/raspberrypi/documentation, version du 23/09/2026.
  6. Debian, pages de manuel de Debian 13 « Trixie » : systemctl(1), journalctl(1), free(1), uptime(1), df(1), du(1), ip-address(8), ss(8), https://manpages.debian.org/trixie/, consulté le 27/09/2026.

Dernière vérification : 27/09/2026

Damien Hernandez
Fondateur et rédacteur de GadGeek

Il écrit GadGeek, avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle pour la recherche documentaire et la mise en forme. Aucun texte n'est publié sans sa relecture : sources recoupées, chiffres vérifiés, erreurs corrigées en clair.

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